Organisation
Quantités par invité: la table de référence
La page que toutes les rubriques du carnet citent : ce que chaque convive consomme réellement, repas de midi et soirée confondus.
Pourquoi une table plutôt qu’un conseil
Les conseils sur les quantités de repas abondent, et se contredisent tous : prévoir généreux, ne pas jeter, compter large pour les hommes, réduire si buffet. La table du carnet prend le parti inverse : des volumes par tête, mesurés sur des tablées varoises réelles, exprimés en grammes et en centilitres, ajustés par deux paramètres seulement, l’heure du repas et la saison. Le reste, effectif exact, menu et service, se règle autour de cette base.
Cette page est la page de référence du carnet : la rubrique matériel en tire les capacités de récipients, la rubrique gestes en déduit le rythme de service, la rubrique repères de marché en multiplie les masses par les prix indicatifs. Quand un article du carnet parle de volume, il renvoie ici.
La table de base, repas complet servi à l’assiette
Les valeurs ci-dessous correspondent à un repas complet servi à l’assiette, entrée, plat, fromage et dessert, pour un adulte. Elles intègrent les pertes d’épluchage : ce sont des quantités à acheter, non à servir. Pour les enfants de moins de dix ans, la moitié du poste plat et dessert suffit ; les postes pain et eau restent entiers.
| Poste | Par adulte | Repère pour cent convives |
|---|---|---|
| Entrée froide ou chaude | Cent cinquante grammes | Quinze kilogrammes |
| Plat principal, viande ou poisson | Deux cent cinquante grammes | Vingt-cinq kilogrammes |
| Plat principal, version mijotée | Trois cents grammes | Trente kilogrammes |
| Garniture de légumes ou féculent | Deux cents grammes | Vingt kilogrammes |
| Fromage | Quatre-vingts grammes | Huit kilogrammes |
| Dessert | Cent vingt grammes | Douze kilogrammes |
| Pain | Deux cents grammes | Vingt kilogrammes |
| Eau du repas | Cinquante centilitres | Cinquante litres |
Deux corrections saisonnières s’appliquent sans discuter. En pleine chaleur estivale, la viande baisse d’un cinquième au profit des entrées froides et de l’eau, qui monte à soixante-quinze centilitres par tête. En plein hiver, les mijotés prennent la valeur haute du tableau et l’eau redescend sous le demi-litre. La saison du Var guide ces corrections, mois par mois.
Apéritif, buffet et soirée debout
Le service debout change les repères : les convives picorent plus qu’ils ne mangent, mais picorent longtemps. Pour une soirée d’apéritif dînatoire de trois heures, le compte par adulte tient en trois lignes : quatre à six bouchées salées par heure, soit douze à dix-huit pièces au total, deux cents grammes de pièces composées en plus des bouchées, et cinquante à soixante centilitres de boissons fraîches. Le parcours du buffet décrit la mise en espace de ces volumes.
À buffet assis, la générosité apparente trompe : les assiettes se remplissent deux fois, et le compte réel approche celui du repas à l’assiette majoré d’un dixième. Les quantités exposées suivent la règle du tiers, rappelée dans l’article sur le buffet : on expose peu, on réassort souvent.
Ajuster à l’effectif réel
La table se multiplie par le compte rond des convives, figé quelques jours avant, jamais par une estimation floue. La marge d’imprévu se prend au niveau du plat, pas de chaque poste : prévoir deux à trois couverts supplémentaires sur le plat et la garniture couvre les invités de dernière minute sans gonfler tout le devis de courses. Les quantités ainsi calculées alimentent directement la chronologie du jour J, qui les répartit entre les préparations de la veille et les gestes du matin.
La multiplication se fait poste par poste, sur une feuille qui reste : effectif en tête, chaque ligne multipliée, la marge inscrite à part. Cette feuille de compte devient le document d’achat du marché, et le document de vérification au bilan ; les tablées qui la tiennent ne rachètent plus deux fois le même poste dans la même matinée.
Ces repères restent volontairement indicatifs : un menu riche en légumes d’été se sert en portions plus larges qu’un menu en sauce, et une tablée de vendangeurs dépassera toute table. Le carnet les tient pour une base honnête de départ, à corriger après chaque repas, comme le fait la rédaction à chaque nouvelle tablée.
Erreurs courantes
La première erreur consiste à confondre quantité servie et quantité achetée : deux cents grammes de carottes s’achètent pour deux cents grammes servies seulement si elles n’ont rien à perdre ; un poisson entier perd le tiers de son poids. La table ci-dessus parle poids d’achat, épluchures comprises, et ce détail change tout.
La deuxième erreur consiste à gonfler tous les postes pour être sûr : le repas finit quatre fois trop cher et la moitié du dessert à la poubelle. La marge se concentre sur le plat et le pain, jamais sur l’eau et le fromage. La troisième, plus rare mais plus coûteuse, consiste à réduire parce que l’apéritif était généreux : l’apéritif dînatoire n’est pas une entrée, c’est un repas dont la table ci-dessus donne aussi les repères. Les fourchettes de prix de ces volumes se lisent dans le budget par invité, et la vaisselle en découle directement.
- Compte de convives figé, multiplication poste par poste.
- Correction de saison appliquée : chaleur, eau majorée ; hiver, mijoté haut.
- Marge d’imprévu concentrée sur le plat et le pain.
- Poids d’achat distingué du poids servi, épluchures comprises.
- Bilan post-repas noté pour corriger la table à la tablée suivante.